Solal Israel

Lucette Bonfanti est née le 13 décembre 1927 à Ouagadougou.

Ceci est un hommage à cette femme que j'appelais "Minana".

A travers sa maladie.

Alzheimer.

Eclat(s) est un travail réalisé entre février et juillet 2013.

Il se présente sous la forme d’une installation.

C’est un caisson long de 5m, haut de 2m et large de 1m.

On peut y entrer d’un côté ; deux rideaux opaque blanc barrent l’entrée, on y pénètre en se courbant un petit peu et en se frayant un passage. La première chose qui apparaît au bout du «couloir», dans le noir absolu, est une photographie aux éclats jaunes illuminée depuis un double fond. Au fur et à mesure qu’on se rapproche de l’image on commence à la distinguer, c’est la première photographie de Lucette, trônant sur son siège africain.

En avançant vers cette image, on distingue également un son étrange: un enregistrement de sa respiration mais surtout des ses dents qui grinçaient.

En se retournant pour sortir du couloir, on voit l’arrière des rideaux blanc, éclairés par la lumière de l'extérieur.

L’espace extérieur est la surface d’accrochage:

Le côté gauche est sobre, il y a deux tirages 40x40 côtes à côtes, une image d’archive (10X15 cm), un cartel avec le nom de Lucette, sorte de carte de visite, et finalement un tirage 50x60 d’une table mise.

Devant cette photographie se trouve une table avec des écouteurs, on peut y écouter plus d’une heure de repas familial, passant par des conversations banales, par les blagues de mon oncle et surtout par les souvenirs de mon grand-père.

Le côté droit est plus rempli, allant du 10x15 jusqu’au 40x40 les images se mélangent, créant des petites galaxies et des liens entre elles.

Sur le dos de la «caisse» se trouvent uniquement deux de mes photos d’identité, l'une vers 5 ans et l'autre autre de 2013. 

-« Les Grecs entraient dans la Mort à reculons : ce qu’ils avaient devant eux, c’était leur passé. Ainsi ai-je remonté une vie, non la mienne, mais celle de qui j’aimais. Parti de sa dernière image, prise l’été avant sa mort, ( … ) , je suis arrivé, remontant trois quarts de siècle, à l’image d’une enfant. (…) Certes je la perdais alors 2 fois, dans sa fatigue finale et dans sa première photo, pour moi la dernière ; mais c’est alors aussi que tout basculait et que je la retrouvais enfin telle qu’en elle-même… »  

"La chambre claire" Roland Barthes P.111

Là où je serai dans la solitude

Mémoire d'une pierre recouverte d'orties

Où le vent échappe à ses insomnies

Dans les vastes jardins sans aurore

Là où je serai dans la solitude

Là où peines et joies ne sont plus que des noms

Ciel et terre natals autour d'un souvenir

Là où enfin je serai libre sans le savoir moi-même

Dissous dans la brume, absence

Absence légère comme un corps d'enfant

Là-bas, là-bas au loin

Là où habitera l'oubli

 

Luis Cernud

Là où je serai dans la solitude

Mémoire d'une pierre recouverte d'orties

Où le vent échappe à ses insomnies

Dans les vastes jardins sans aurore

Là où je serai dans la solitude

Là où peines et joies ne sont plus que des noms

Ciel et terre natals autour d'un souvenir

Là où enfin je serai libre sans le savoir moi-même

Dissous dans la brume, absence

Absence légère comme un corps d'enfant

Là-bas, là-bas au loin

Là où habitera l'oubli

 

Luis Cernuda

Première version du livre "Eclat(s)" tiré à 36 exemplaires.

Prix en librairie: 42,26 euros

Prix pour particuliers: 30 euros 

 

Développé avec Berta.me